mardi 17 avril 2018

Substances Psycho-actives : Poppers – Captagon





Aujourd'hui, pour nommer l'ensemble de tous ces produits qui agissent sur le cerveau, que l'usage en soit interdit ou réglementé, on emploie le terme de psychotropes ou de substances psycho-actives.

Les drogues qui affectent spécifiquement les fonctions du système nerveux central (SNC), composé du cerveau et de la moelle épinière, sont appelés drogues psychoactives. Ces substances sont capables d'inhiber la douleur, de modifier l'humeur ou de modifier les perceptions, par exemple.

Selon l’OMS, une substance psycho-active s’entend d’une substance qui, lorsqu’elle est ingérée ou administrée, altère les processus mentaux, comme les fonctions cognitives ou l’affect.

Cette désignation de même que son équivalent de psychotrope sont les termes les plus neutres et descriptifs qui puissent s’appliquer à toute la catégorie des substances, licites ou non, qui présentent un intérêt pour les politiques de contrôle des drogues.

Au sein de ces définitions il y a toutes les substances psycho-actives, qu'elles soient légales (alcool, tabac, médicaments hypno-sédatifs) ou sont considérées comme illégales par les conventions et traités sur les substances psychotropes.

Les avancées en neurosciences ont permis de mieux connaître les processus physiques par lesquels ces substances agissent.

Poppers

Le mot "Poppers" est l’appellation commune attribuée à des dérivés du nitrite. Ces nitrites se présentent tous plus ou moins de la même manière et ont les mêmes effets à quelques subtilités près.

Le Poppers est un vasodilatateur  il dilate les vaisseaux sanguins  et permet au sang d’arriver plus rapidement jusqu’au cœur. Il a été initialement employé par le corps médical pour traiter certaines maladies cardiaques.

Inventé en 1844 par le chimiste français Antoine-Jérôme Balard qui synthétise le nitrite d’amyle, il est utilisé pendant le 19e siècle pour guérir les angines de poitrine. Dès les années 1970, le Poppers circule d’abord dans les milieux homosexuels pour ses effets sur la sexualité : augmentation de la durée de l’érection, amplification des contractions orgasmiques, retard de l’éjaculation.

Le Poppers se trouve généralement sous forme de produit chimique liquide transparent jaunâtre très volatil et inflammable, vendu dans une petite bouteille (ou fiole) colorée ambre ou brun dont la contenance varie entre 8 et 30 ml. De très nombreuses appellations commerciales sont utilisées pour le désigner. La consommation de Poppers est légale et autorisée en France.

Les ampoules contenant ces substances produisaient à l’ouverture un bruit  pop  qui a donné le nom au produit. Les principaux effets annexes observés étaient de l’euphorie et un sentiment de relaxation, qui furent détournés pour être utilisés lors de rapports sexuels entre individus, pour un usage dit “récréatif” en opposition avec son usage médical.  Il peut avoir des répercussions négatives tant sur la santé que sur les performances sexuelles.

Le Poppers est la substance la plus couramment expérimentée dans la population adulte après l’alcool, le tabac et le cannabis. Consommé dans un cadre festif ou pour agrémenter sa sexualité.

Effets

La seule voie d’utilisation du Poppers est l’inhalation de ses vapeurs par le nez et parfois par la bouche (mais c’est rare).

Le nitrite d'amyle détend les muscles lisses involontaires du corps, et notamment ceux qui entourent les vaisseaux sanguins. Cette vasodilatation élargit les vaisseaux sanguins, produisant un afflux de sang et d'oxygène dans tout le corps. C'est ce qui explique son effet euphorisant.

Les effets se font sentir très rapidement, mais ne durent pas longtemps et se dissipent au bout de 2 à 3 minutes.

L’intensité des effets varie selon les individus, le contexte dans lequel il est consommé, la quantité et la qualité du produit inhalé. À court terme le Poppers peut provoquer :

* Une augmentation de l’excitation sexuelle,
* Un sentiment d’euphorie et d’ivresse passagère.

La consommation de Poppers entraine en quelques secondes une activation accrue du rythme cardiaque, une détente musculaire et une forte sensation de chaleur, notamment au niveau de la peau. Ils sont connus aussi pour dilater le sphincter, rendant alors le sexe anal plus facile.

Des pertes de la vision ont été associées à des consommations même occasionnelles de Poppers. Elles sont réversibles mais durent parfois plusieurs mois.

Les effets désinhibiteurs du produit augmentent la probabilité d’avoir des relations sexuelles non protégées. Ses effets relaxants, qui facilitent les pénétrations sexuelles, peuvent empêcher de ressentir les irritations ou les lésions lors des relations, favorisant ainsi la transmission de maladies sexuellement transmissibles.

Effets secondaires

Lors d’un usage occasionnel. Vertiges, maux de tête, étourdissements, transpiration, rougeurs de la peau, irritation des yeux, sensibilité à la lumière, baisse de la tension artérielle, brûlure des narines.

Usage régulier. Éternuements, écoulement nasal et inflammation des muqueuses nasales, problèmes cutanés : éruptions, croûtes autour du nez ou de la bouche (par des brûlures).

A forte dose. Le Poppers peut provoquer des vertiges, des évanouissements, des asphyxies, des accidents cardiovasculaires ou entraîner une hyper-ventilation, risquant de conduire à une crise de tétanie. Les effets sont parfois mortels, les personnes souffrant de troubles cardiaques étant les plus à risque. Le mélange avec des médicaments favorisant l’érection et contenant du sildénafil est également particulièrement dangereux et éventuellement fatal.

Dépendance

Les Poppers ne provoquent pas de dépendance physique ni d’accoutumance, l’accoutumance étant le besoin d’augmenter les doses pour obtenir le même effet. Néanmoins, le consommateur peut devenir fortement dépendant psychologiquement du produit, particulièrement s’il le consomme pour accompagner ses pratiques sexuelles.

Précautions

Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation, quand on se sent fatigué, stressé, mal ou qu’on éprouve de l’appréhension. Il est également préférable de consommer avec des gens de confiance, dans un contexte rassurant.

Des précautions extrêmes doivent être prises car ce médicament réduit le fonctionnement du système immunitaire. En outre, la combinaison de Poppers avec des stimulants tels que l'alcool et d'autres drogues telles que la cocaïne augmente les risques.

Son effet en tant que médicament sexuel récréatif peut empêcher le consommateur de ressentir de l'irritation ou des déchirures pendant les rapports sexuels et, par conséquent, augmente non seulement le risque de traumatisme corporel, mais aussi la transmission du VIH et d'autres maladies vénériennes. Sa consommation produit que les muqueuses corporelles soient plus exposées aux infections par la syphilis, la chlamydia ou le VIH.

Le Poppers est un acide : s'il tombe sur la peau et les muqueuses (y compris l'anus), il provoque des blessures. En cas d’éclaboussures accidentelles, la peau doit être lavée avec beaucoup d'eau. Il est recommandé de ne pas inhaler la substance par la bouche, de ne jamais la boire ou l'injecter.

C'est un produit hautement inflammable et une étincelle minimale de cigarettes, briquets, etc., peut provoquer un incendie rapidement.

Contre-indications

Les personnes ayant des problèmes cardiaques, l'anémie, le glaucome (haute pression dans l'œil) ou les changements de pression artérielle ne doivent pas ingérer ce type de substance.

La consommation de Poppers a son côté dangereux lorsqu'il est mélangé avec d'autres médicaments qui interfèrent également avec le rythme cardiaque, comme la cocaïne ou l'ecstasy.

L'inhalation de Poppers est interdite aux personnes souffrant de problèmes cardiaques et en particulier ceux qui ont pris du Viagra dans les dernières 24 heures, cette combinaison peut être fatale.

Le Poppesr a un risque supplémentaire pour les personnes ayant un système immunitaire affaibli, des problèmes cardiaques, une pression artérielle élevée ou basse, des antécédents d'hémorragies cérébrales, l'anémie.

Chez la femme enceinte, la consommation de Poppers peut provoquer une maladie du fœtus appelée syndrome du bébé bleu.

Les Poppers avaient été interdits par le gouvernement en 2011, mais ils sont à nouveau disponibles en vente libre depuis 2013 à la suite d'une décision du Conseil d'Etat qui a estimé qu'aucune étude scientifique n'avait permis d'établir que les produits contenant des nitrites d'alkyle  comme c'est le cas des Poppers  présentaient  un risque de pharmacodépendance ou d'abus.


Captagon

Le Captagon est un dérivé de deux molécules, la théophylline et l’amphétamine. C’est un médicament qui servait notamment au départ pour le traitement de la grippe. Il est constitué de fénéthylline, une amphétamine inscrite sur la liste des substances psychotropes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 30 ans.

Le captagon ou fénéthylline, à l’origine prescrit pour calmer l’hyperactivité et la narcolepsie, est un médicament composé d’amphétamines et de caféine.

Commercialisé à la fin des années 1950, il a été utilisé comme drogue récréative dans le milieu artistique des années 1970 puis comme stimulant dans le milieu sportif jusqu’aux années 1990. Il était prescrit par certains médecins pour lutter contre la fatigue et aider les patients à supporter de fortes fièvres. A cause de la grande dépendance qu’il crée, il a été interdit en 1981 aux Etats-Unis et en 1986 dans la plupart des pays.

Le Captagon est fabriqué dans plusieurs sites, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le Liban était jusqu’en 2011, le principal centre de fabrication du Captagon.

Depuis, le produit serait fabriqué en Syrie et en Bulgarie pour seulement quelques dollars. Et cette drogue serait revendue ensuite entre 5 et 20 dollars l'unité ou même échangée contre des armes.

Effets

Le Captagon a un effet énergisant, c’est un stimulant qui génère une absence de douleur et d’empathie. A forte dose il procure en outre une sensation de bien-être et a un effet désinhibant. Parmi ses effets secondaires on constate une transpiration abondante et une incapacité à s’endormir. Il y a aussi des risques cardiovasculaires à consommer du Captagon.

Au niveau moléculaire, la fénéthylline pénètre dans les neurones et chasse deux neurotransmetteurs, la noradrénaline et la dopamine, présentes dans les vésicules. La libération de noradrénaline hors des neurones augmente la vigilance et réduit le sentiment de fatigue. La dopamine, elle, agit notamment sur le circuit de la récompense, responsable de la sensation de plaisir et, à haute dose, de l'addiction.

Les effets de cette drogue ne sont pas cantonnés au cerveau. Le captagon augmente la libération du glucose, ce qui permet de prendre du muscle sans fournir d'effort. De plus, la libération de noradrénaline accélère significativement le rythme cardiaque.

Mais tous ces effets restent temporaires. Les neurones doivent fabriquer de nouveau l'adrénaline et la dopamine rapidement libérées des vésicules neuronales, et seul le repos le permet. En l'absence de sommeil les individus ressentent une fatigue intense, une psychose, des fonctions mentales altérées, l'alternance de phases d'euphorie et de dépression.

Une fois les effets du Captagon diminués, c’est une forme de psychose, d’altération des fonctions mentales, d’euphorie, suivie de dépression qui s’installe. Un état physique durant lequel aucune douleur ni aucune peur ne sont ressenties.


Le captagon, la drogue des djihadistes

Avec le sentiment d’invincibilité et l'euphorie qu'il procure, le Captagon serait consommé en grande quantité par les djihadistes de Daesh. Une drogue puissante qui, couplée à un état mental fragile, renforcerait chez eux la violence et l’illusion de toute-puissance.

Le Captagon est aujourd’hui vendu aussi bien aux combattants de l’Armée syrienne libre qu’à ceux du Front al-Nosra ou du groupe Etat islamique. Un commerce des plus lucratifs pour les trafiquants de drogue de la région, facilité par le chaos qui règne en Syrie.

Un autre facteur clé de la drogue dans la guerre est le facteur économique. En raison de son faible coût et prix élevé, ainsi que de ses propriétés, c'est un produit avec beaucoup d'avantages. Pour cette raison, il est utilisé par des organisations criminelles  et parfois liées à l'appareil gouvernemental des pays en conflit  pour générer de l'argent qui nourrit l'économie de la guerre.

Une drogue “populaire” dans le monde arabe. Si le Captagon est devenu l’apanage des kamikazes, cette drogue est depuis longtemps très courante dans le monde arabe. Il y a une quinzaine d’années, ces petites pilules blanches produites en Turquie et en Syrie avaient pour destination principale les pays de la Péninsule arabique. Selon un rapport de l'UNODC (United Nation Office on Drugs and Crime), la pilule coûte quelques centimes au Liban et elle se revend plusieurs dizaines de dollars dans les pays du golfe Persique.


Effets des substances psycho-actives sur le cerveau

Les substances psycho-actives perturbent la communication entre les cellules du cerveau. Les neurones communiquent entre elles grâce à une série de messagers biologiques appelés neurotransmetteurs. Ces neurotransmetteurs sont libérés par le neurone qui envoie le message et s’attachent aux récepteurs du neurone qui le reçoit.

Certaines substances psycho-actives sont capables d’imiter les effets des neurotransmetteurs. D’autres interfèrent avec le fonctionnement normal du cerveau en le bloquant, ou en perturbant la manière dont les neurotransmetteurs sont stockés, libérés et éliminés.

Une substance psycho-active dont la structure moléculaire ressemble à celle d'une substance produite naturellement par l'organisme peut se fixer à la place de celle-ci sur les récepteurs spécifiques.

Pour exercer leurs effets, les substances psycho-actives ont différentes façons d’agir sur le cerveau. Elles s’associent à différents types de récepteurs, et peuvent augmenter ou diminuer l’activité des neurones par toute une série de mécanismes. Par conséquent, elles ont différents effets sur le comportement, différentes vitesses d’apparition de la tolérance, différents symptômes de sevrage, et différents effets à court et à long terme.

Malgré leurs différences, les diverses substances psycho-actives présentent des similarités dans leur manière d’agir sur les régions du cerveau impliquées dans les processus motivationnels, autrement dit la motivation, ce qui joue un rôle dans l’apparition de la dépendance à la drogue.

Les substances psycho-actives présentant un risque de dépendance agissent sur un circuit du cerveau dont la fonction est de favoriser les fonctions vitales (système de récompense). Il est impliqué dans la récompense (plaisir cérébral) des comportements liés à la nutrition et à la reproduction de l'espèce. Il participe ainsi à la satisfaction de vivre. Les substances psycho-actives stimulent anormalement ce circuit naturel et engendrent à terme la possibilité d'un déséquilibre plus ou moins permanent.

La toxicité potentielle des substances psycho-actives, comme celles de tout médicament, est liée à la quantité consommée. Elle varie d'un produit à l'autre. Donc plus on consomme un produit à des doses toxiques, plus on en subit les conséquences. À l'inverse, moins on consomme un produit, ou si on le consomme à des doses non toxiques, moins on en subit les conséquences néfastes.

À mesure que le cerveau s'adapte à la présence du médicament, d'autres circuits cérébraux seront affectés et modifiés. Le premier d'entre eux et plus étroitement lié au circuit de récompense sera le circuit de la mémoire et de l'apprentissage. Ce sera le responsable de la création d'habitude et de dépendance.

L'apprentissage de la recherche du plaisir est instinctif, très fort et résistant à l'oubli. Tout ce qui implique l'obtention et l'administration du médicament sera fortement imprégné dans le cerveau, le rendant automatique, compulsif et inconscient.

Ce conditionnement du comportement peut durer de nombreuses années et provoquer un certain stimulus (ou mémoire) pour conduire à vouloir de la drogue même après une longue période d'abstinence.

Avec une consommation prolongée de ce type de substances qui affectent directement le cerveau, une détérioration prématurée de cet organe vital qui est chargé de nous faire travailler dans le monde, est atteinte.

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samedi 7 avril 2018

Première Reconstruction et Simulation Numérique d'un Fragment de Néocortex Cérébral




Le néocortex est la région du cerveau où se développent 
le langage, l'imagination ou la capacité d'abstraction


Une équipe internationale de chercheurs, membres des projets européens Blue Brain   et Human Brain Project, dont le travail a été publié dans la revue scientifique Cell en octobre 2015, a achevé la première reconstruction informatique détaillée d'un fragment de cette région du cortex cérébral.

Le néocortex est la structure la plus humaine du système nerveux, puisque c'est la région du cortex cérébral liée aux capacités qui différencient les humains des autres mammifères, comme le langage, l'imagination ou la capacité d'abstraction.

Le travail représente l'aboutissement de 20 années d'expérimentation biologique, au cours desquelles l'ensemble primordial de données a été généré, et 10 années de travaux scientifiques computationnels, dans lesquels le logiciel, des algorithmes et de la construction de l'écosystème nécessaire à la reconstruction et à simuler numériquement le tissu, a été développé.

L'équipe de chercheurs a simulé le comportement électrique du tissu cérébral virtuel dans les super-ordinateurs et a constaté que cela coïncidait avec le comportement déjà observé dans une série d'expériences réalisées sur des cerveaux.

La recherche développée montre que la reproduction numérique du cerveau humain et la simulation détaillée de son fonctionnement sont possibles  même à long terme.

Les chercheurs impliqués dans cette étude ont réalisé des dizaines de milliers d'expériences avec des neurones et des synapses (connexion entre neurones) dans le néocortex de jeunes rats et catalogué chaque type de neurone et chaque type de synapse qu'ils ont trouvé. Ainsi, ils ont identifié une série de modèles fondamentaux qui décrivent comment les neurones sont organisés dans le microcircuit et comment ils sont connectés via des synapses et ont développé un algorithme capable de prédire les emplacements des près de 40 millions de synapses dans les microcircuits.

Cet algorithme commence par placer des modèles 3D réalistes de neurones dans un volume virtuel, en respectant la distribution mesurée de différents types de neurones à différentes profondeurs, et détecte plus de 600 millions d'endroits où les branches des neurones se touchent. Par la suite, il élimine systématiquement tous les contacts qui ne correspondent pas à cinq règles biologiques de connectivité, ce qui laisse 37 millions de contacts, qui sont les endroits où il construit les synapses du modèle.

Modèle 3D reconstruit à partir
des données de laboratoire
Pour modéliser le comportement des synapses, les chercheurs ont intégré les données de leurs expériences et des données de la littérature scientifique, en calculant les courants ioniques qui circulent à travers de 37 millions de synapses en intégrant des données pour seulement certaines d'entre elles.

Les chercheurs ont trouvé une relation étroite entre les statistiques de connectivité de la reconstruction numérique et les mesures expérimentales dans le tissu biologique  qui n'avaient pas été utilisés dans la reconstruction.

L'infrastructure de super informatique et le vaste écosystème de software développé dans le cadre de ce projet sont essentiels pour des avancées telles que le présent dans le domaine des neurosciences puisque seul ce type d'infrastructure permet de résoudre les milliards d'équations nécessaires pour simuler chaque intervalle de 25 microsecondes dont est composée la simulation.

Pour évaluer la robustesse des modèles mathématiques qu'ils ont ainsi développés, les scientifiques ont comparé les signaux produits par le tissu cérébral artificiel, généré par ordinateur, à ceux produits dans un cerveau de rat bien réel, en réponse à une stimulation tactile. Et les résultats sont très satisfaisants d'après les chercheurs : les réponses des différents types de neurones dans la reconstitution numérique était très semblables à celles précédemment observées en laboratoire.

Nouvelles théories de la simulation. Les simulations réalisées ont également permis le développement de nouvelles théories, impossibles à réaliser sur la base de l'expérimentation biologique, comme l'observation qu'il existe de multiples mécanismes cellulaires et synaptiques qui peuvent faire passer le circuit d'un état d'activité à un autre (synchrone et asynchrone), ce qui pourrait conduire à de nouvelles formes d’étudier le traitement de l'information et les mécanismes de la  mémoire dans les états cérébraux normaux, tels que l'éveil, la somnolence et le sommeil, et certains des mécanismes dans des états anormaux, comme l'épilepsie, et potentiellement d'autres troubles cérébraux.


Questions sur le fonctionnement du cerveau

Les neurones produisent de petites décharges électriques dans leurs membranes, qui traversent les axones pour libérer des signaux chimiques. C'est là que se trouvent toutes les choses que nous ressentons.

Cependant, certains groupes de neurones sont impliqués dans des phénomènes plus complexes qui rendent l'activité neuronale plus difficile à comprendre. On ne sait pas encore quelle partie du cerveau est impliquée dans chacun de ces processus, bien que l'on pense que les neurones agissent dans un groupe et non individuellement. Les impulsions nerveuses pourraient ne pas être le seul moyen de transmettre l'information.

Lorsqu’on apprend quelque chose de nouveau, il y a des changements dans la structure du cerveau, cependant, on ne sait pas exactement comment ce changement fonctionne et quelles en sont les conséquences.

Un autre problème est qu'il existe plusieurs types de mémoires : à court et à long terme, et dans la seconde, la mémoire déclarative  les noms et les faits , et la mémoire non déclarative  comme faire du vélo . Malgré les différences, il semble y avoir un mécanisme moléculaire commun.

Lorsque les neurones sont activés ensemble, la connexion entre eux est plus forte et les associations sont créées. Cependant, lorsque le cerveau crée ces associations, les relations entre les choses sont codifiées et non les détails.

Plus mystérieux est le fait de savoir comment nous nous souvenons des choses à travers un processus rapide, nous modifions ou effaçons certaines mémoires. Des études récentes montrent que certains produits chimiques peuvent bloquer et modifier la mémoire.

Des activités réalisées par le cerveau sans besoin des stimuli externes ont été peu étudiées : dans les études de neuro-imagerie, on a constaté que, indépendamment de la tâche assignée, le cerveau diminue l'activité de certaines zones qui effectuent des activités de référence lorsqu'elles ne sont pas utilisées, similaire à la façon dont le cerveau fonctionne.

La simulation du futur est l'une des choses les plus intelligentes que notre cerveau fasse. On pense que cela fonctionne en créant un modèle interne du monde extérieur et comment les choses s'y comportent, grâce à la mémoire et aux expériences passées. Cette perception sert non seulement à simuler le futur, mais aussi à des choses aussi fondamentales que la vision ou la perception.

Les émotions portent avec elles une série de signes physiques tels que l'augmentation du rythme cardiaque ou la tension musculaire. Les sentiments sont des expériences subjectives qui accompagnent ce processus tangible.

Les émotions agissent généralement à travers la partie inconsciente du cerveau, et sont communes aux différentes cultures et même aux différents animaux. D'autres points de vue disent que les émotions sont des états cérébraux qui assignent des valeurs aux résultats et rendent un plan d'action rapide.

On ne sait pas exactement ce que l'intelligence signifie d'une manière biologique, si les gens les plus intelligents utilisent le cerveau différemment et comment ils le font. Des études récentes montrent une relation entre l'intelligence et la mémoire à court terme, bien que les résultats ne soient pas concluants. La vérité est que l'intelligence ne peut être liée à une seule zone du cerveau ou à un seul mécanisme.

Le cerveau a des problèmes pour synchroniser différents signaux qui se produisent en même temps mais qui sont traités à des vitesses différentes. Les sens traitent les choses différemment, par exemple, mais le cerveau essaie d'être perçu comme simultané.

Sans aucun doute, le passage du temps, la simultanéité et autres sont des constructions de notre cerveau. Le manque de synchronie peut entraîner des problèmes tels que la dyslexie ou des chutes chez les personnes âgées.

Presque tous les animaux ont tendance à dormir, et le manque de sommeil entraîne des conséquences négatives sur la santé. Cependant, nous ne savons pas avec certitude quelle est la fonction du sommeil : on croit qu'il peut être régénératif, mais la vérité est qu'il y a une grande quantité d'activité neuronale qui peut signifier quelque chose de plus. D'autres théories disent que le sommeil est un moment pour le cerveau de résoudre les problèmes avant de le faire dans le monde réel ; ou que le sommeil est le moment où la connaissance est fixée.

On ne comprend pas comment les différentes zones du cerveau se coordonnent pour fonctionner ensemble et fonctionner rapidement, en particulier en tenant compte du fait que les signaux électriques du cerveau se produisent lentement. Le cerveau est un processeur parallèle, qui effectue plusieurs opérations en même temps et très rapidement.

La plupart des scientifiques s'accordent à dire que la conscience naît des choses matérielles, parce qu'elles génèrent de petits changements physiques dans le cerveau qui peuvent altérer les expériences subjectives. Les mécanismes qui sous-tendent la conscience peuvent être réalisés à plusieurs niveaux, et on pense que la rétro-conception ou “reverse engineeringdes circuits du cerveau est essentiel pour créer la conscience.

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